et si…

Et si tout s’arrêtait. Tout ce monde construit à l’aune d’une reproduction frénétique de l’espèce humaine, où les valeurs élémentaires sont constamment malmenées. On en a tenté des modèles de société, on s’est souvent targué des progrès de la science, et une nouvelle maladie vient tout remettre en question. Voilà qu’un virus est venu mettre son grain de sel.

Et si au contraire tout recommençait. Pas un nouveau monde, mais un nouveau moi. A quoi bon attendre un changement de société, qui respecterait davantage les hommes eux-même, les animaux et la nature ? Des élans de solidarité apparaissent aussi vite que le prix des tondeuses à cheveux augmente. Je ne peux pas changer le cours des tondeuses ; mais moi, un peu. J’ai certainement cette chance, ce luxe.

Alors j’ai commencé. A faire mon levain, à installer un composteur, à recycler mes chaussettes trouées en éponge… A faire tout ce que je n’avais pas pris le temps de faire. A accéder à plus d’alignement avec mes valeurs, et donc avec moi-même. Cela n’a pas de prix.

Ce confinement est une pause abyssale. Une pause face à un vide de réponses. La seule certitude que j’ai aujourd’hui, c’est que je suis acteur de mon changement.

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20ème jour

Plus j’avance ce journal de bord, plus j’éprouve de la culpabilité. En voyant ce dévouement du personnel soignant, prendre des photos à la maison me paraît mal venu, déplacé.

Je réfléchis à d’autres contributions. Pourtant ce qui me semble le plus raisonnable est de me protéger et protéger mon entourage. Et de rester confiné à la maison. C’est l’occasion de partager des moments, en famille et avec moi-même. Une période singulière à mettre en images, pour nous souvenir.

J’avance avec mes doutes.

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14ème jour

Entreprendre ce journal est peut-être indélicat, voire indécent. Photographier alors que la souffrance est là, je me demande à quoi ça rime. Et pourtant j’en ai besoin. Pour surmonter l’angoisse que cette crise éveille, pour la transformer en positif. Un échappatoire où se mêlent optimisme et inquiétudes.

C’est l’occasion de dire MERCI à tous ceux qui prennent des risques pour sauver des vies.

Et MERCI aux éleveurs, aux agriculteurs, aux paysans qui nous donnent de la nourriture, merci à ceux qui la distribuent, merci aux éboueurs qui ramassent nos déchets, merci aux fournisseurs d’énergie et d’internet qui nous permettent d’être reliés.

A tous ceux qui sont solidaires, en espérant que nous en sortirons grandis.

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Mon Eldorado

Mon Eldorado a lieu du 30 mars au 30 avril. Je ne vais pas le chercher bien loin. Il est au fond de mon jardin.
Lorsque la floraison de mon cerisier bat son plein, rien n’est plus pareil. Je me pose dans la balancelle, blotti dans son ombre. Je lève les yeux vers le ciel. Et joue avec les rayons de soleil qui me parviennent, au travers des branches éclatantes.
Un mouvement de balancier que je sais trop éphémère, participant à mon voyage intérieur.
C’est ça, mon Eldorado 🙂

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